Auteur :
Jean MarcVoir la page sur l'auteur
La présidence du Conseil adopte l’accord sur les brevets logiciels en dépit du règlement intérieur du Conseil for FFII editors
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[ Point B MAINTENANT !
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Le 7 mars 2005 - La présidence du Conseil a déclaré aujourd’hui que l’accord sur les brevets logiciels du 18 mai 2004 était adopté, ceci en violation du règlement intérieur, malgré le manque manifeste d’une majorité qualifiée des États membres et en dépit de demandes de plusieurs pays de rouvrir les négociations.
D’après certaines informations, le ministre danois - qui a été forcé par son parlement à demander un point B, mais qui n’y était pas du tout en faveur - et la présidence luxembourgeoise du Conseil ont utilisé les paragraphes suivant pour défendre leur attitude :
3.6 L’ordre du jour provisoire est divisé en une partie A et une partie B. Sont inscrits dans la partie A les points pour lesquels une approbation par le Conseil est possible sans débat, ce qui n’exclut pas la possibilité pour chacun des membres du Conseil et pour la Commission d’exprimer leur opinion à l’occasion de l’approbation de ces points et de faire inscrire des déclarations au procès-verbal.
Ce paragraphe ne mentionne rien à propos de la possibilité de changer un point A en point B. Si l’on regarde l’article 3.8, qui stipule :
3.8 Toutefois, au cas où une prise de position au sujet d’un point A est susceptible d’entraîner un nouveau débat ou si un membre du Conseil ou la Commission le demande, ce point est retiré de l’ordre du jour, sauf si le Conseil en décide autrement.
Ils peuvent arguer que cela ne dit toujours rien sur le changement d’un point A en point B. Mais l’annexe III de ce même règlement intérieure précise au point 1 c) : Annexe III, point 1 c) article 3, paragraphe 8 (maintien en tant que point B de l’ordre du jour d’un point A qui autrement aurait dû être retiré de l’ordre du jour) ;
Ceci donne clairement la possibilité de changer un point A en point B. C’est bien ce que le Danemark a demandé.
Dans son discours lors d’une réunion de la commission parlementaire JURI avec le Commissaire McCreevy, Michel Rocard en évoquant les « inélégances » passées de la Commission et du Conseil sur ce dossier, prévenait déjà que « le Parlement européen sentait la moutarde lui monter au nez ». Le Conseil a aujourd’hui franchi un nouveau pas en violant les règles institutionnelles et les représentants de la démocratie européenne risquent fort d’éternuer pour de bon !
Ce qu’il s’est passé aujourd’hui est absolument impensable. Je ne vois pas comment les promoteurs de la Constitution européenne peuvent encore la soutenir en restant crédible. Cet événement montre qu’il y a clairement quelque chose de pourri au royaume de Bruxelles dans les bâtiments du Conseil. Pourquoi diable, le règlement des institutions européennes stipule que les parlements nationaux devraient être pris en compte par le Conseil ? Les choses seraient beaucoup plus simples si nous jettions toutes ces règles pour écrire simplement : « La présidence du Conseil et la Commission peuvent s’arranger pour faire ce qu’elles veulent ». Pas besoin de ces embêtants parlementaires élus démocratiquement pour interférer dans le processus de décision du Conseil qui fonctionne très bien tout seul, puisque seuls ses objectifs semble plairent aux grandes entreprises et produisent autant de textes que la machine peut en avaler. C’est absolument dégoûtant.
L’Association pour une infrastructure informationnelle libre (FFII) est une association à but non lucratif enregistrée dans divers pays européen, ayant pour objet de promouvoir les savoirs dans le domaine du traitement des données. La FFII soutient le développement de biens informationnels publics fondés sur les droits d’auteur, la libre concurrence et les standards ouverts. Plus de 500 membres, 1 200 sociétés et 80 000 supporters ont chargé la FFII de représenter leurs intérêts dans le domaine de la législation sur les droits de propriété attachés aux logiciels.