Forte Répression au Monastère de Drépoung : l’Europe Réagit

La chronique de France-Tibet, Bouddhisme actualités janvier 2006


 

Le Monastère de Drépoung à Lhassa, capitale du Tibet, est totalement isolé depuis la forte répression des autorités chinoises contre une manifestation pacifique des moines. Deux moines seraient morts, 70 auraient été battus et emprisonnés.

L’intensification de la "campagne de rééducation patriotique" exigeant des moines tibétains qu’ils dénoncent le Dalaï Lama est à l’origine de cette forte tension.

En octobre et novembre 2005, les officiels chinois ont mené une campagne "d’éducation patriotique" au Monastère. Le 23 novembre, les moines refusèrent de dénoncer le Dalaï Lama comme "séparatiste". Cinq d’entre eux furent expulsés du Monastère et emprisonné. Le 25 novembre, plus de 400 moines se sont assis dans la cour du Monastère, manifestant leur solidarité. Les protestataires ont refusé de dénoncer le Dalaï Lama et appelé la libération des 5 moines. Un contingent de militaires chinois a alors investi le Monastère, sévèrement battu les moines qui résistaient et instauré un blocus sur le Monastère. Le Centre Tibétain des Droits de l’Homme et de la Démocratie (TCHRD, Dharamsala, Inde du Nord) craint que d’autres moines aient été arrêtés, l’Association de la Jeunesse Tibétaine a évoqué 70 arrestations. Cette association composée de Tibétains exilés a manifesté devant l’ambassade chinoise à New Delhi.

Le 15 décembre, le Parlement européen a adopté une résolution sur le Tibet. Les députés demandent au gouvernement chinois de clarifier les circonstances de la mort d’un jeune moine tibétain Ngawang Jangchub pendant la séance "d’éducation patriotique" d’octobre 2005, des précisions sur l’état de santé des 5 moines arrêtés et leur libération immédiate. Les députés demandent des informations au sujet de torture et d’emprisonnement d’autres moines. Ils demandent aussi que le gouvernement chinois mette fin immédiatement au blocus du Monastère ainsi qu’à la campagne "d’éducation patriotique".

Les députés appellent une fois de plus le gouvernement chinois à libérer Tenzin Delek Rinpoché ; à abolir la peine de mort, et garantir les libertés religieuse, civile et politique ; à améliorer les conditions de détention dans les prisons, à interdire et faire cesser la torture, ainsi qu’à mettre un terme aux violations constantes des droits humains du peuple tibétain et des autres minorités. Le Parlement européen prie aussi le Conseil et les Etats membres de maintenir l’embargo de l’UE sur les ventes d’armes à la République populaire de Chine ; prie le gouvernement de la RPC de poursuivre le dialogue avec les représentants du Dalaï Lama ; demande instamment à la Conférence des présidents d’inviter le Dalaï Lama à prendre la parole devant le Parlement européen au cours de l’année 2006.

En cette période de souhaits, puissent ceux du Parlement européen être exhaussés promptement...


 

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