PEKIN - LHASSA : le Tibet - Express vu de Winipeg....

« Ainsi, dans quelques années, avec les 3,5 milliards d’euros - un peu plus que le PIB annuel du Tibet - qui ont été investis dans la ligne de chemin de fer Pékin-Lhassa - il y aura sous peut à Lhassa huit Chinois pour un Tibétain et cela n’ira qu’en s’accroissant avec le temps ! ».
Triomphe de technologie, ce nouveau train à très grande vitesse court littéralement sur le toit du monde, couvrant 4000 km en deux jours.
Le mal d’altitude pouvant surprendre les passagers, plus particulièrement au passage du col le plus élevé, à 5072 mètres. le Tanggula Pass, les wagons sont pressurisés et l’ oxygène disponible comme dans les avions de ligne.
Pour cette prouesse technique, la facture atteint 4,2 milliards de dollars et il a fallu le travail de plus de 100 000 personnes pendant 4 ans, pour vaincre les difficultés du terrain.
Mais le Tibet-Express est aussi le triomphe du totalitarisme. Très certainement, aucune autre nation dans le monde n’aurait engagé autant d’argent, de travail et de détermination pour achever un tel chantier.
Aucune autre nation n’aurait investi toutes ces ressources pour construire une voie ferrée dont le seul objet est la répression d’un pays occupé et la destruction de sa culture.
Alors que nous nous extasions sur cet extraordinaire réalisation, nous devons nous rappeler qu’ il s’agit d’un budget de 4,2 milliards de dollars, de 100 000 ouvriers et d’ un gouvernement chinois déterminé à gommer la culture, la langue et la religion tibétaines.
Dans ce Tibet, devenu région autonome de Xizang, avec un record de 56 ans de brutalité et de génocide culturel, dans l’indifférence générale, puisque la Chine est maintenant le plus grand marché du monde, il y a aujourd’hui plus de Chinois que de Tibétains.
Ce train est ostensiblement destiné à accroître le tourisme au Tibet mais Pékin est bien décidé à contrôler très fermement qui pourra se rendre au Tibet et ce qui pourra être vu.
Les monastères sont fermés, la langue tibétaine devient désuète. Le train pourra toujours conduire plus de touristes, mais ce seront les Chinois du Tibet qui en profiteront, pas les Tibétains. Il facilitera l’immigration d’ un plus grand nombre d’ouvriers chinois et des mouvements de troupes et d’ équipement militaires quand il en sera besoin.
Ce train est une merveille de technologie mais pour les Tibétains, c’est le train de l’enfer.






