Suite de
l’affaire Fuzz
: Comme vous pouvez l’imaginer des deux dernières journées n’ont pas
été de tout repos pour moi. Difficile notamment de me concentrer sur
son travail, mon esprit étant accaparé par cette affaire.
J’essaie d’autre part de lire tous les commentaires publiés ici et ailleurs, les emails reçus et articles publiés sur le sujet, et ça commence à faire du monde.
A propos des emails de soutien
- et j’en reçois énormément - j’essaie aussi de répondre du mieux que
je peux, au moins pour exprimer ma gratitude avec un petit merci, mais
vous comprendrez qu’il m’est difficile de répondre à tout le monde.
Je vous remercie dont encore une fois tous pour votre soutien spontané, affiché ici, par mail ou dans d’autres sites.
Le moral est excellent,
je me suis fait à l’idée de rentrer pour la première fois de ma vie
dans un tribunal, de passer devant un juge comme un voyou, et aussi et
surtout à l’idée que
des gens déjà pleins aux as considèrent que leurs poches ne sont jamais assez remplies, et n’ont aucun scrupule pour cela à lancer des procédures à la con pour essayer de s’enrichir encore un peu plus.
On se fait à tout finalement, et c’est peut-être ça le pire dans l’histoire.
Trève d’états d’âme, voici d’abord quelques chiffres
que j’ai pu compiler depuis le démarrage de cette lamentable affaire et
qui sont une photographie au moment où j’écris ces lignes.
Nombre de commentaires cumulés sur les deux billets traitant du sujet sur Presse-citron : 285.
Bien sûr le nombre est anecdotique mais il donne quand même une tendance. Le
plus important est évidemment le contenu : je suis agréablement
surpris par le fait que ce sont 285 commentaires de soutien, et qu’ils
sont dans l’ensemble tous très modérés.
J’ai appris énormément de
choses en lisant toutes ces réactions, à tel point que j’ai même
transmis quelques suggestions que j’estimais pertinentes à mon avocat,
qui en a pris bonne note.
Nombre d’emails de soutien reçus : je ne les ai pas comptés en détail, et je ne les ai pas tous encore ouverts (et donc pas lus) mais j’évalue leur nombre à une bonne centaine depuis mercredi. Et ça continue.
Ca parle aussi sur Twitter et sur Facebook, où un groupe de soutien a été créé (je n’y suis pour rien :-))
Sur le buzz
Depuis la publication de mon premier billet sur le sujet, le buzz a démarré tranquillement pour s’amplifier progressivement, particulièrement depuis hier après-midi ou il semble s’emballer, commençant même à toucher les "gros" sites d’information.
J’en profite pour faire une mise au point sur l’identité du plaignant
: contrairement à ce que j’ai pu lire sur certains blogs qui ont
peut-être fait un raccourci un peu rapide avec l’affaire Lespipoles, il ne s’agit pas d’Olivier Dahan (qui n’est d’ailleurs pas acteur mais réalisateur).
Une recherche sur les mots Fuzz, justice, procès, assignation donne déjà
une liste significative de sites ayant repris l’information.
Sur la pertinence du buzz
Même si je pense que les aspects positifs l’emportent, je suis conscient du fait qu’un gros buzz sur cette affaire peut être une arme à double-tranchant. Du côté positif, un
bouche-à-oreille important peut faire réfléchir tout plaignant sur les
conséquences néfastes que cela pourrait avoir pour son image.
A contrario, pour l’aspect négatif, ne perdons pas de vue que le
plaignant a peut-être délibérément choisi une stratégie visant à
médiatiser au maximum cette affaire afin d’en faire un exemple qui -
espère-t-il - pourrait avoir comme effet de dissuader d’autres sites de
s’aviser à parler de sa vie privée.
Bref, une attaque en règle des fondements mêmes du web (en tant que toile de liens hypertexte) en forme de coup de semonce.
Dans ce cas de figure, un buzz important va dans le sens du plaignant, sert sa stratégie, et lui est donc favorable.
Quelle attitude adopter dans les heures et jours à venir ?
Même
si j’en parle ici car on est toujours plus intelligents à plusieurs que
seul, je fais pour le moment profil bas, m’en tenant aux faits.
Mon avocat a pris en main le dossier et nous y verrons plus clair dans les jours qui viennent.
Beaucoup d’entre vous m’ont proposé leurs services,
notamment ceux qui ont des compétences ou une formation de juriste, y
compris des avocats, me donnant pas mal de grain à moudre sur certaines
démarches de base à adopter dans ce genre de situation. Ces conseils valent de l’or et j’en remercie encore leurs auteurs et auteuses.
Certains
évoquent la possibilité de créer un widget de soutien à afficher dans
leur blog, d’autres le recours à une pétition, d’autres enfin me
proposen directement de participer financièrement aux frais qui
pourraient être engendrés par tout ce barnum.
Plein de bonnes idées,
mais je pense qu’il est un peu tôt pour les mettre en application.
D’abord parce-que le jugement n’a pas encore eu lieu (si par bonheur le
plaignant était débouté, il en serait quitte pour me rembourser les
frais), ensuite parce-que si une décision est prise à mon encontre, il faudra ensuite savoir combien tout cela me coûtera in fine.
Je continue à penser que la meilleure stratégie pour le moment, à notre modeste niveau, est de continuer à buzzer en postant l’information sur autant de sites et de blogs qu’il est possible de le faire, et que ceux qui ont des relations dans les media leur en touchent deux mots.
Bref
maintenir la pression afin que la partie adverse comprenne qu’attaquer
les communautés internet (je ne parle pas de moi là) peut avoir des
conséquences fâcheuses, qui pourraient s’avérer bien plus
préjudiciables pour son image qu’une pauvre news moisie perdue dans les
archives des dizaines de sites depuis des mois et dont tout le monde se
contrefout.
Je rêve non seulement d’une victoire (ça c’est pour ma pomme) mais surtout d’une grosse jurisprudence
à la hauteur du buzz et du mouvement de solidarité que vous me
témoignez, qui permettrait enfin aux éditeurs de sites d’agrégation de
dormir sur leurs deux oreilles et aux procéduriers de tous poils d’y réfléchir à deux fois avant de lancer des procédures visant à baîllonner le web.
Il m’est notamment insupportable de voir que sous la pression des menaces judiciaires qui plannent sur leur activité, certains webmasters de sites d’agrégation aient déjà fait le choix de fermer leurs sites par précaution (ce que je comprends parfaitement, j’en aurais certainement fait autant), ou par solidarité, comme Linkertop ou Gmiix
: cette auto-censure est la pire des censures et sonne presque déjà
comme une victoire pour les plaignants. Même si c’est une victoire à la
Pyrrhus...
Dans un prochain billet je tenterai de publier une liste la plus complète possible des sites relatant l’affaire.
¡No pasarán !