Excellent dossier « Monnaies plurielles » de Transversales
Dossiers Monnaies plurielles
L’enjeu des monnaies plurielles
Monnaies "Locales", "sociales", "solidaires", "virtuelles", "libres", "affectées", "complémentaires", "alternatives", "plurielles"... une floraison de qualificatifs parcourt cette nouvelle lettre de Transversales Science Culture, consacrée aux monnaies non officielles, c’est-à-dire à celles autres que nationales (ou européenne). Chaque adjectif a sa raison d’être, bien sûr, et l’on ne saurait confondre les dispositifs de fidélité purement commerciaux (de type "miles"), les monnaies des mondes virtuels sur Internet (comme le "Linden dollar" de "Second Life") et les systèmes d’échanges basés sur le temps ou les réseaux de troc qui sont allés jusqu’à rassembler six millions d’Argentins (cf. H. Primavera). Il n’empêche : tous attestent, chacun à leur manière, que la monnaie remplit de multiples fonctions. Et que si l’une d’entre elles n’est plus assurée, la nature ayant horreur du vide, des systèmes alternatifs viendront rapidement combler le manque.
Pourtant, c’est toujours avec infiniment de précaution - même dans les sphères de l’économie sociale et solidaire, même dans les milieux altermondialistes - que l’on aborde cette question des autres monnaies. Sans doute le consensus, largement partagé, sur le fait que les activités humaines doivent impérativement distinguer activités non monétaires, activités monétaires non marchandes et activités marchandes, y est-il pour beaucoup : ne faut-il pas admettre, en fin de compte, que seul ce qui se rattache à la monnaie officielle peut être qualifié de "monétaire" ? Il est vrai que seule cette monnaie nationale (ou, chez nous, l’euro), grâce à sa convertibilité totale est, en théorie, en mesure d’universaliser l’échange entre les humains. Pourtant, l’émergence progressive d’une économie sociale et solidaire nous rappelle que les frontières ne sont pas si étanches que cela entre "non monétaire", "monétaire non marchand" et "marchand". Faute de mieux, les premiers théoriciens de l’économie solidaire en sont venus à évoquer la nécessaire "hybridation des ressources" qui constituerait sa base économique et financière.
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Quelques mot sur la collection « Transversales/Fayard »
La collection Transversales/Fayard poursuit l’ambition de la revue Transversales Science/Culture et des ses fondateurs (Henri Laborit, Edgar Morin, René passet, Jacques Robin, Joël de Rosnay) pour rapprocher et décloisonner les savoirs, les disciplines, les approches, afin d’éclairer les enjeux cruciaux auxquels sont actuellement confrontées les sociétés humaines. Il s’agit de mettre en évidence les alertes qui se précisent, les risques qui leurs ont associés mais aussi les raisons d’espérer.
Le monde, les sociétés humaines sont entrées dans l’ère de l’information, une nouvelle ère marquée par la multiplication des interactions et la complexité. Désormais, comme le dit Edgar Morin, « nul problème humain ne peut être compris sans une pensée elle même complexe, multidimensionnelle ».
C’est cette multidimensionnalité que notre collection
cherche à mettre en œuvre, en jetant un nouveau regard « transversal »
sur les menaces écologiques, sociales et techniques et les nouvelles
formes de coopération à l’oeuvre pour reconstruire l’espace politique,
les nouveaux arts de vivre, les formes d’innovation centrées sur
l’humain.
Le pari de la collection est de s’adresser à un large public et de lui
montrer par le traitement intégré de questions qui pouvaient lui
paraître fragmentées et hors d’atteinte, qu’il est possible de devenir
acteur de sa vie et de l’évolution du monde.
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